Les Mots à La Pelle

Laboratoire Enthousiaste d'Ecritures


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Histoires de ventilateurs -1-

alaporte de lamaison

L’enveloppe si fine de ma sagacité s’agaçait contre la page blanche de mon cahier. J’avais le crane sous pression. La selva occupait le terrain dehors – végétation en dégradé de verts, luxuriante, brillante, prêtresse des lieux, des nuées de moustiques, des fleurs d’hibiscus rouge vif, le cri du gecko, les orages, les animaux nocturnes, l’odeur d’humidité prégnante et pénétrante, le sucre des mangues et des maracujas, l’air du ventilateur- comme dedans- ébullition des organes, épidermique moiteur, torpeur des sens, activité cérébrale et physique mesurées –

Mes cheveux étaient retenus par une pince croco… laisser la nuque à nu…en vain… la température était trop stridente, de la vapeur d’eau sortait de mes tempes. La chaleur accaparait tout.
Le fil rouge de mes pensées se délitait dans la transpiration… mon corps laissaient filer mes idées… liquides… elles se répandaient sur le tissus de mon débardeur à pois…. j’aurais voulu les retenir, les rattraper…

Étreindre mon débardeur dans un bol et boire le jus de poids d’un trait… ou directement avec la langue, de mes pores à mes papilles, délice de sueurs verbales, élixir de moi, potion de mots poisseux.

Je ne voulais pas me répandre…
J’étais venue ici pour écrire
Et maintenant tout ça colle à la peau
Comment partir ?
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Je veux écrire
Écrire pour les autres, écrire pour dire, décrypter, comprendre, saisir
Écrire pour donner à voir, à entendre…

Les bruits du Monde
Le bruit des Mondes

Ne plus écrire
Que le Monde se taise

Et puis…
Écrire pour moi. Écrire pour prendre son souffle
Écrire pour desserrer le poing
Écrire par nécessité, par habitude, par désinvolture

Je veux écrire comme on tient quelqu’un par la main, comme on descend les escaliers 4 à 4
Écrire pour apparaître
Je veux écrire pour faire apparaître des lunes et des dragons

Je veux réapprendre à écrire
Inventer une nouvelle formule
Je veux écrire comme on rencontre une personne agaçante, je veux écrire comme on découvre un paysage au détour d’un virage, souffle coupé, je veux écrire comme on trépigne dans les embouteillages

Écrire pour me surprendre
Écrire comme on jongle
En patte de velours, en cascade
Écrire comme on caresse un corps

Entre le dérisoire et l’essentiel
Je veux écrire des histoires
Écrire l’impossible
Écrire la vraisemblance

Je veux écrire et qu’on me foute la paix

Je veux écrire comme on décortique une noix, comme on ouvre une figue
Je veux écrire comme on construit un mur de pierres
Un mot après l’autre…ciselé, sculpté, stable…

Je veux écrire comme on trace son chemin dans la forêt amazonienne,
Au sabre !
Je veux layonner dans l’écriture
Tracer un sentier éphémère, visible et manifeste !

A.G

« L’écrit, ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit,
et ça passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie. »
M. Duras


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Une voix somnambule sonne dans ma tête
Les mots tortillonnent
… se coincent, se cognent
trébuchent contre les parois de ma bouche
trébuchent contre les parois de ma….
TÊTE

Ta peau
Le sable
Le crissement

Ma tête
Ta voix dans ma tête enfle
Brasse le sable
crisse grince gronde
crisse grince grandit

Le temps sous mes tempes s’allonge
J’aimerais retourner le sablier

Ma tête est pleine de voix
Ma tête est pleine de ta voix qui se dissout

C’est ce qu’on oublie en premier
La voix
Le grain, les modulations

Je n’ai jamais voulu faire le noir sur ta voix
C’est ….. c’est arrivé
C’est tout

C’est arrivé dans un silence tonitruant
Aujourd’hui encore les cendres de ce silence recouvrent certains de mes mots.

Alors je me tais…

Bladibaka


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Le bonheur est lâche, il te quitte si tu n’y prends pas garde.
Pour moi c’est arrivé un après-midi d’été. Il était 13h, nous roulions sur la D72. Direction l’odeur boisée des pins de l’Atlantique…
Nous étouffions depuis bientôt 10 mois elle et moi.
J’aimais ça, ça me laissait un goût sucré dans les synapses, un bien être dans lequel je bourdonnais à l’aise !
J’aurais dû avoir plus de nez, mais vous savez ce que c’est…
L’expérience de l’amour éclabousse si bien les neurones que les senteurs les plus douteuses restent bloquées à l’entrée du cerveau. Pire on prendrait pour une fragrance musquée, l’odeur du souffre.
Nous roulions donc à tombeaux ouverts entre St Jean de Luz et Hendaye dispersant nos puants parfums de fin d’histoire sans se douter de rien. Une sorte d’amour désodorisant dans l’habitacle suivi au pot d’échappement d’une effluve acide de vomi…
Je me souviens que j’avais ce sentiment de plénitude intemporelle. La foi… Nous étions le morceau d’un puzzle qui s’ajustait exactement, elle et moi. Jusqu’au moment de la panne. Celle qui salit toutes les certitudes capiteuses.
C’est douloureux l’amour. On y perd ses dents et ses cheveux.
Le bonheur m’a quitté moi, je me souviens un après-midi de plomb au bord d’un champ de tournesols…
Nous étions à 5 km du bonheur.
De cette histoire aujourd’hui, il me reste deux images. Ses chaussures rouges sur le bitume brûlant et le sandwich à la mortadelle sur la plage arrière de ma peugeot.
A quoi ça tient l’amour….

Bladibaka