Les Mots à La Pelle

Laboratoire Enthousiaste d'Ecritures


>

Histoires de ventilateurs -1-

alaporte de lamaison

L’enveloppe si fine de ma sagacité s’agaçait contre la page blanche de mon cahier. J’avais le crane sous pression. La selva occupait le terrain dehors – végétation en dégradé de verts, luxuriante, brillante, prêtresse des lieux, des nuées de moustiques, des fleurs d’hibiscus rouge vif, le cri du gecko, les orages, les animaux nocturnes, l’odeur d’humidité prégnante et pénétrante, le sucre des mangues et des maracujas, l’air du ventilateur- comme dedans- ébullition des organes, épidermique moiteur, torpeur des sens, activité cérébrale et physique mesurées –

Mes cheveux étaient retenus par une pince croco… laisser la nuque à nu…en vain… la température était trop stridente, de la vapeur d’eau sortait de mes tempes. La chaleur accaparait tout.
Le fil rouge de mes pensées se délitait dans la transpiration… mon corps laissaient filer mes idées… liquides… elles se répandaient sur le tissus de mon débardeur à pois…. j’aurais voulu les retenir, les rattraper…

Étreindre mon débardeur dans un bol et boire le jus de poids d’un trait… ou directement avec la langue, de mes pores à mes papilles, délice de sueurs verbales, élixir de moi, potion de mots poisseux.

Je ne voulais pas me répandre…
J’étais venue ici pour écrire
Et maintenant tout ça colle à la peau
Comment partir ?
Lire la suite

Publicités