Les Mots à La Pelle

Laboratoire Enthousiaste d'Ecritures


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Le bonheur est lâche, il te quitte si tu n’y prends pas garde.
Pour moi c’est arrivé un après-midi d’été. Il était 13h, nous roulions sur la D72. Direction l’odeur boisée des pins de l’Atlantique…
Nous étouffions depuis bientôt 10 mois elle et moi.
J’aimais ça, ça me laissait un goût sucré dans les synapses, un bien être dans lequel je bourdonnais à l’aise !
J’aurais dû avoir plus de nez, mais vous savez ce que c’est…
L’expérience de l’amour éclabousse si bien les neurones que les senteurs les plus douteuses restent bloquées à l’entrée du cerveau. Pire on prendrait pour une fragrance musquée, l’odeur du souffre.
Nous roulions donc à tombeaux ouverts entre St Jean de Luz et Hendaye dispersant nos puants parfums de fin d’histoire sans se douter de rien. Une sorte d’amour désodorisant dans l’habitacle suivi au pot d’échappement d’une effluve acide de vomi…
Je me souviens que j’avais ce sentiment de plénitude intemporelle. La foi… Nous étions le morceau d’un puzzle qui s’ajustait exactement, elle et moi. Jusqu’au moment de la panne. Celle qui salit toutes les certitudes capiteuses.
C’est douloureux l’amour. On y perd ses dents et ses cheveux.
Le bonheur m’a quitté moi, je me souviens un après-midi de plomb au bord d’un champ de tournesols…
Nous étions à 5 km du bonheur.
De cette histoire aujourd’hui, il me reste deux images. Ses chaussures rouges sur le bitume brûlant et le sandwich à la mortadelle sur la plage arrière de ma peugeot.
A quoi ça tient l’amour….

Bladibaka